A Montpellier, mobilisation en soutien en lycéen·nes : mardi 6 octobre à 13h place du Peyrou
Tract fédéral de l’Union Communiste Libertaire
Depuis la semaine dernière, des mobilisations importantes de lycéen·nes s’organisent à travers tout le pays, prenant principalement la forme de blocus de lycées. Iels revendiquent des moyens pour l’éducation et le droit à la dignité. La répression policière est brutale, particulièrement dans les quartiers populaires. L’Union communiste libertaire apporte son soutien aux lycées mobilisés, revendique la libération de toutes les lycén·nes interpellé·es par la police et appelle les personnels de l’éducation et notre camp social au sens large à construire une convergence avec les lycéen·nes pour la construction d’un grand plan pour l’éducation.
Pas d’avenir, pas de paix
« Parcoursup bloque des vies ». C’est par ces mots qu’un lycéen résumait mardi les raisons du blocus de son établissement, blocus qui prenait part au vaste mouvement lycéen qui s’est mobilisé depuis une semaine pour revendiquer des moyens pour l’éducation. Personnels en sous-effectif, bâti vétuste, classes surchargées… « On manque de tout » crient les lycéen·nes exposé·es quotidiennement au stress de la sélection permanente.
Dans les quartiers populaires, les élèves sont envoyé·es dans des filières qu’ils et elles n’ont pas choisies et dont le cursus est parfois très opaque. Années après années, les politiques éducatives se limitent à de la gestion de main d’œuvre en formation et à des règlements toujours plus restrictifs. Les mobilisations lycéennes de ces quartiers peuvent y prendre des tournures plus violentes et moins similaires à des manifestations traditionnelles. Comment s’en étonner lorsqu’on sait quelle violence sociale et raciale ils et elles subissent au quotidien ? Et ne nous y trompons pas, lorsque les élèves se vengent contre leur lieux d’études, c’est symboliquement contre tout ce système d’écrasement et de sélection qu’ils se révoltent. Nous mettons donc en garde les personnels contre les réflexes de réprobation morales qui balayeraient du revers de la main ce mouvement.
Tout ces jeunes, qui refusent que leurs regards vers l’avenir ne se posent que sur la catastrophe, font notre fierté.
Cette jeunesse est consciente de la destruction méthodique de ses écoles, des économies qui sont faites sur son dos et de l’hostilité à son égard. Elle s’est mise en mouvement ces dernières années, contre les violences policières, pour la justice climatique, etc… Ce mouvement lycéen n’est donc pas un fait isolé. S’il a pu s’élargir à toute la France depuis les premiers blocus franciliens, s’il s’est rallié à la date du 29 septembre qui était celle de grève pour le service public, ce n’est pas un hasard mais bien le résultat de conditions partagées dans tout le pays.
Halte à la répression !
Face à ces revendications bien légitimes, les ministères de l’Education nationale et de l’Intérieur ont publié dès le week-end une circulaire annonçant la répression et encourageant les chefs d’établissement à recourir à l’action de la police. Le message est clair : rentrez dans le rang. La police s’est déchaînée contre les lycéen·nes, particulièrement dans les quartiers populaires où les jeunes ont subit le double rappel à l’ordre social et racial. Coups, blessures, tirs de flashball, gaz, mutilations, les blessé·es sont nombreux·euses et les interpellations se comptent par milliers dans tout le pays (plus de 5000 en une semaine).
La répression doit cesser. La police doit être rappelée, ses actes de violence condamnés et les lycéen·nes interpellé·es doivent être relâché·es sans poursuites. C’est le préalable nécessaire à tout dialogue.
Élèves, profs, agent·es, parents : mêmes revendications, même combat
Les revendications du mouvement lycéen doivent également être entendues. Il n’est pas étonnant que les premières images des blocus soient venues du 93, où le manque de moyens pour l’éducation est un enjeu criant pour le département le plus pauvre de France métropolitaine. Face à l’abandon des pouvoirs publics, le 93 sait s’organiser. Depuis 2023, une intersyndicale lutte pied-à-pied pour un plan d’urgence pour le département. Cette lutte a permis le rassemblement des personnels, des familles et des élèves qui connaissent l’injustice de leur situation.
De l’argent il y en a : prenons tout ! 450 milliards : c’est l’argent public du plan de réarmement français, pactole à destination de l’industrie de l’armement pour maintenir en place l’impérialisme français. 655 millions : ce sont les fonds alloués au développement de l’IA dans le service public, sans aucune consultation des agent·es sur l’utilité de cet outil mais simplement pour trouver des débouchés à la spéculation. 1400 postes : ce sont les créations prévues pour la police et la gendarmerie afin de poursuivre la répression de nos contestations légitimes. Personne ne peut parler d’un problème technique, il s’agit de choix politiques. Il s’agit d’une lutte entre classes.
Développons une lutte commune pour le droit universel à une éducation de qualité
Alors que le gouvernement menace dans son budget l’allocation de rentrée scolaire, il est nécessaire que la revendication d’un plan d’urgence pour l’éducation, s’appuyant sur la rénovation du bâti scolaire et la baisse des taux d’encadrement par classe, puisse être largement portée dans le débat public et dans les luttes. Pour réussir, elle doit être construite par les syndicats de notre classe, les associations de parents d’élève et les mobilisations lycéennes.
Appel intersyndical :




