Tract de l’Union Communiste Libertaire pour le 8 mars 2026 à retrouver sur le site fédéral
Le 8 mars de chaque année, nous célébrons les luttes pour les droits des femmes et des minorités de genre, en commémoration de la révolte des ouvrières révolutionnaires russes du 8 mars 1917. Mais plus qu’une journée de célébration, il s’agit aussi d’une journée de grève. Bien que cette année nous serons un dimanche, cet appel à la grève reste pertinent. D’une part parce que les secteurs où l’on exerce un travail salarié le dimanche sont en majorité précarisés et largement féminisés. D’autre part parce que nous appelons aussi à une grève du travail domestique, qui repose essentiellement sur les femmes.
Œuvrer à notre grève massive, à nous femmes et minorités de genre, c’est mettre en évidence que notre monde capitaliste et patriarcal fonctionne en nous exploitant et en nous assignant à du travail gratuit ou peu valorisé, et ce au bénéfice des hommes. Ce monde qui, au travers de ses politiques natalistes, cherche à contrôler notre corps et y imposer la reproduction. Qui organise les violences patriarcales pour nous maintenir dans cette position sociale. Qui d’un côté exalte des valeurs virilistes au service d’idéologies impérialistes et guerrières, et de l’autre côté attaque notre accès au soin et à l’éducation. En 2025, dans un pays sur quatre nos droits sont attaqués et les politiques d’égalité entravées.
Face à ce monde dont nous faisons partie des premières victimes, ce sont bien nous, les femmes et les minorités de genre qui, partout, sommes aussi en première ligne à lutter pour la paix, la justice réparatrice, la transmission des savoirs ou encore la bonne cohabitation avec le reste du vivant. Nos luttes, c’est celle des femmes kurdes pour la défense de leurs terres révolutionnaires, des palestiniennes pour la souveraineté de leur peuple contre un État génocidaire, des soudanaises face aux déplacements forcés et aux sièges infamants, des iraniennes pour faire tomber la dictature. C’est la lutte des afghanes qui cherchent d’autres transmissions face à l’exclusion éducative, des yéménites pour leur indépendance dans les ruralités patriarcales, des ouvrières srilankaises face aux intimidations patronales, des éleveuses mongoles contre les exploitations industrielles qui assèchent les terres, ou encore des brésiliennes qui ont organisé le 25 novembre une des plus grandes manifestations internationales antiracistes.
Nous le constatons : les accords internationaux, lois et constitutions ne suffisent pas à garantir nos droits ni à nous prévenir contre leur recul. A l’heure où le fascisme achève de s’imposer de nouveau comme une opinion acceptable, à l’heure où la planète résonne des bruits de combat des guerres d’impérialisme, nos terres, nos corps et notre force de travail font plus que jamais la convoitise des classes dominantes. Aujourd’hui encore, plus de 772 millions d’entre nous travaillent illégalement sans protection sociale tandis que l’ONU estime dans son rapport 2025 qu’il nous faudra encore 137 ans au rythme actuel « pour éradiquer la pauvreté extrême chez les femmes et les filles ». Nous n’avons pas ce temps !
Nos luttes antipatriarcales sont donc nécessaires, non seulement pour défendre les droits menacés des femmes et minorités de genre, mais aussi pour bâtir une société libérée du capitalisme et de toutes les autres formes de domination. Affirmons notre urgence à construire des racines féministes qui relient nos voix dans les différentes régions du monde et nous assurent un rempart de sororité face aux réactionnaires. Partout où ils attaqueront, nous riposterons collectivement. Partout où ils réprimeront, nous nous dresserons aux côtés de nos sœurs pour défendre nos libertés. Faisons grève, donc, et descendons dans la rue le 8 mars pour rappeler au monde que la révolution sera féministe ou ne sera pas !




